Y a-t-il un gène de la fidélité ?

Publié le 7 juillet 2013 dans la catégorie Recherche clinique

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Des neuroscientifiques américains ont tenté de comprendre pourquoi le rongeur appelé campagnol des prairies n’a qu’un seul partenaire toute sa vie. Ils ont découvert qu’après le premier accouplement, l’ADN de chacun des deux alter ego évolue.

Difficile de savoir si le campagnol des prairies est amoureux. Ce qui sûr, c’est qu’une fois que ce petit rongeur a rencontré sa première partenaire, il ne la quitte plus. Le phénomène est en partie neurochimique : lors de l’accouplement, un cocktail d’hormones mêlant ocytocine, vasopressine et dopamine se libère dans son cerveau et favorise l’attachement à ce partenaire. Mais il se joue aussi dans les gênes. C’est ce que vient de découvrir une équipe de neuroscientifiques américains.

Avoir son partenaire dans ses gènes

Dans une publication faite dans le magazine Nature Neuroscience 1, ces chercheurs de Floride ont montré que l’accouplement chez le campagnol des prairies aboutit sur une modification de ses gênes. Pas du séquençage ADN, mais de leur expression : on parle de phénomène épigénétique. Autrement dit : l’attachement de ce rongeur à son partenaire s’accompagne d’un changement profond de sa nature.

Cette découverte pourrait-elle permettre de mieux appréhender les comportements humains en termes de fidélité ? Ce ne sera pas évident car l’attachement est plus compliqué à étudier dans le cerveau de l’homme. Pour autant, cette découverte ouvre la voie d’autres explorations : l’homme connait-il lui aussi une évolution de ses gênes lors d’une rencontre ? A quel point la génétique et la chimie jouent-elles sur nos sentiments ? Autant de questions auxquelles les progrès de la science n’ont pour l’instant apporté que peu de réponses.