Stérilet : les gynécos font un blocage

Publié le 4 août 2015 dans la catégorie Actualités

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Source : EndoScoop, Libération

Libération observe qu’« alors que la Haute Autorité de santé est favorable au dispositif intra-utérin, nombre de spécialistes sont réticents à le prescrire aux femmes qui n’ont pas d’enfant ».
Le journal note ainsi : « A 34 ans, Diane porte un stérilet en cuivre depuis plus de 6 ans. Quand, il y a quelques mois, elle doit exceptionnellement consulter un autre gynécologue que celui qui la suit habituellement, le praticien, découvrant son moyen de contraception à l’examen, s’exclame : «Qui a osé vous faire cela ? On ne pose pas de stérilet à une nullipare !» Car utiliser un dispositif intra-utérin (DIU) lorsque l’on n’a pas eu d’enfant reste une pratique marginale en France ».
Libération indique que « la place du stérilet dans l’Hexagone a été l’un des thèmes abordés au cours du 25ème Salon de gynécologie obstétrique, qui s’est tenu en mars à Paris », et relève que « depuis 2004, l’Anaes (ancêtre de la HAS) ne considère plus la non maternité comme une contre-indication et souligne qu’«aucun risque de stérilité tubaire n’a été démontré, y compris chez les nullipares». Le risque de grossesse extra-utérine est pour sa part décrit comme «extrêmement faible» ».
Le Dr Martin Winckler remarque cependant qu’« un grand nombre de médecins ne lisent pas les recommandations de la HAS. […] Il y a encore des réticences idéologiques extraordinaires ».
Le quotidien évoque ainsi ces « témoignages sur des forums en ligne de femmes confrontées à un refus injustifié de leur médecin », et cette étude de 2013 qui « s’est penchée sur le point de vue des médecins (généralistes et spécialistes) sur les DIU », selon laquelle « 83% des médecins interrogés croient ces dispositifs inadaptés aux femmes sans enfant ». (« IUD use in France : women’s and physician’s perspectives », Elsevier)
Les auteurs écrivaient que « les idées erronées sur les indications et les effets secondaires du stérilet sont très répandues parmi les praticiens ». Le Dr Danielle Hassoun, gynécologue et co-auteur de cette étude, note pour sa part que « la médecine, c’est de la science ; mais ce sont aussi des habitudes, qu’il est difficile de changer ».