Stérilet : halte aux idées reçues

Publié le 2 juillet 2016 dans la catégorie Actualités

Dossiers : ,
Publicité

Source : Le Quotidien du Médecin

En 2004, l’HAS recommandait le dispositif intra-utérin (DIU) comme méthode contraceptive de première intention avec la pilule œstroprogestative (POP). Actuellement, en France, c’est le choix numéro 2 des Françaises, avec 24 % des femmes entre 24 et 49 ans, contre 60 % avec la pilule.

Après 35 ans, 73 % des gynécologues modifient la contraception de leurs patientes pour effectuer une pause hormonale, le DIU au cuivre devient alors la contraception la plus prescrite.

Dispositif intra-utérin chez (presque) toutes les femmes

Le DIU est une méthode de contraception réversible. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le fabricant 7MED Industries (laboratoire Hepatoum), le Dr David Elia, gynécologue-obstétricien à Paris, rappelle que ce dispositif est posé à n’importe quel moment du cycle, pour une durée de 5 à 10 ans. L’observance et la tolérance sont excellentes, précise-t-il. Pendant quelques mois peuvent apparaître des dysménorrhées et des ménométrorragies, en général résolutives. Le DIU présente peu de contre-indications, outre un plus grand risque d’infection pelvienne (type salpingite). La POP est préférée chez les femmes ayant de nombreux partenaires sexuels pour limiter ce risque, notamment les infections à Chlamydia trachomatis.

Outre son utilisation en contraception quotidienne, le DIU a la plus grande efficacité en tant que contraceptif d’urgence. Après un rapport à risque, on dispose réellement de 5 jours (durée d’arrivée de l’œuf fécondé dans la cavité utérine) pour poser le DIU et empêcher la nidation, contrairement à la pilule du lendemain au lévonorgestrel, dont l’efficacité est proportionnelle à la rapidité de la prise.

Des idées reçues encore tenaces chez les patientes

« Le DIU – vous voulez dire le stérilet, alors je vais être stérile ? » : FAUX. Le Dr Elia préconise d’abandonner le terme de « stérilet », qui appartient au passé et qui entretient une fausse idée, car la fertilité se restaure au retrait, et n’a rien à voir avec les méthodes de stérilisation définitive chirurgicale ou par méthode Essure.

« Le DIU ? Mais je n’ai jamais eu d’enfant ! » : FAUX, il existe maintenant des DIU adaptés aux femmes nullipares et à la taille de leur utérus qui serait plus petit, sans aucun impact sur la fertilité après retrait.

« Le DIU diminue l’efficacité des AINS » : FAUX, ni d’aucun autre médicament, par ailleurs.

« Le DIU augmente le risque de grossesse extra-utérine » : FAUX, il est même plus faible. Cependant, il ne peut l’empêcher ; toujours y penser chez une femme présentant une dysménorrhée et des algies pelviennes (même juste après la pose).

« Waouh, le DIU mesure la même taille que sa boîte ? » : FAUX, une idée reçue qui peut faire sourire, mais vous pouvez rassurer les patientes : la taille d’un DIU est comparable à celle d’une pièce de 50 centimes.

« Il peut arriver au cours des rapports que le partenaire sente le fil du DIU au travers du col » : VRAI. Cette gêne est toutefois minime et occasionnelle. En général, il suffit de raccourcir le fil pour que tout rentre dans l’ordre.

Alors, pilule ou DIU ?

L’avantage du DIU par rapport à la POP est celui de l’observance – pilier central de l’efficacité de la contraception. Selon le Dr Elia, « la principale cause de grossesse sous pilule œstroprogestative n’est pas l’oubli, car il est généralement rare et insuffisant pour interrompre l’imprégnation hormonale d’un cycle. Par ailleurs, on sait que près de 20 % des femmes interrompent au moins deux mois par an la prise de leur pilule ; c’est à ce moment-là qu’elles peuvent se retrouver dans des situations imprévues et à risque de grossesse ».

Lorsque l’on compare l’indice de Pearl théorique et réel (nombre de grossesses survenues chez 100 femmes pendant un an), lors de la première année d’utilisation, celui de la POP passe de 0,3 % (théorique) à 8 % (conditions réelles), tandis que celui du DIU au cuivre passe de 0,6 à 0,8 %, et qu’il se maintient à 0,2 % avec le DIU au lévonorgestrel (données HAS).

En France, le nombre d’IVG sous POP est de l’ordre de 23 % contre 7 % sous DIU.