Sida : efficacité prouvée d’un vaccin préventif en France

Publié le 31 octobre 2014 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Source : EndoScoop, Le Parisien, Le Monde

Le Parisien note qu’hier, des chercheurs français « ont annoncé qu’un antirétroviral, le Truvada, testé comme traitement préventif chez des homosexuels exposés au risque d’infection par le VIH/sida, a fait la preuve de son efficacité, lorsqu’il est pris au moment des rapports sexuels ».

Le journal indique ainsi que « l’étude «Ipergay» a démontré une réussite de l’ordre de 80% de réduction du risque», selon son coordinateur, le Pr Jean-Michel Molina (Hôpital Saint-Louis, Paris) ».

Le quotidien rappelle qu’« Ipergay est un essai comparatif : les volontaires ont été répartis en deux groupes par tirage au sort, l’un recevant le médicament, l’autre recevant à la place un placebo, sans principe actif. Ni les participants, ni les médecins ne connaissaient le traitement reçu ».
« Or, une autre équipe de chercheurs est venue semer le trouble en cours d’étude : les responsables du programme «Proud», menée au Royaume-Uni, ont récemment décidé de donner Truvada à tous les participants à leur essai. Et des résultats intermédiaires ont montré que cette prévention médicamenteuse se révélait «hautement protectrice contre le VIH» », relève Le Parisien.

Le journal explique que « compte tenus de ces résultats, l’équipe française a décidé de «lever l’aveugle» de l’essai Ipergay avant son terme. La différence entre les deux groupes est telle que l’ANRS a décidé d’autoriser tous les participants à être traités par Truvada ».

Le quotidien remarque que « l’association de lutte contre le sida Aides, associée à l’essai Ipergay, a salué cette initiative. Elle a également demandé à la ministre de la Santé Marisol Touraine d’accélérer le processus d’examen de sa demande d’autorisation temporaire du Truvada comme traitement préventif chez les personnes à risques ».

Le Parisien précise enfin que « les résultats complets de l’essai devraient être disponibles début 2015 », et note que « ce médicament du laboratoire américain Gilead, combinaison de deux produits (Ténofovir + FTC), a été autorisé en juillet 2012 aux États-Unis comme premier traitement préventif. Mais ce n’est pas encore le cas en Europe ».

Le Monde se penche également sur ces « résultats encourageants dans un traitement préventif contre le sida ». Le journal cite l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), qui évoque « un grand succès dans la lutte contre le VIH/sida ».

Le quotidien souligne notamment que « l’idée de ce traitement est d’utiliser un antirétroviral […] sur des personnes saines, en prévention, et non plus simplement sur les malades. Cette piste de recherche est menée par plusieurs équipes dans le monde sur des personnes très exposées au VIH parmi les homosexuels masculins. Ces derniers représentent 42% des nouveaux cas ».

Le Monde observe que « pour déterminer si le traitement est efficace, l’essai nécessitait de placer un groupe sous antirétroviral et un autre sous placebo. Et c’est justement l’utilisation d’un placebo qui avait suscité l’indignation dans la communauté gay et chez certains médecins lors du lancement de l’étude française Ipergay, en 2012. Ils dénonçaient un risque d’exposition accrue pour les personnes à qui était administré le placebo ».

Le Pr Jean-Michel Molina, coordinateur de l’essai, indique en outre que « l’efficacité observée ne doit néanmoins pas faire oublier que le préservatif reste la pierre angulaire de la prévention ».

Libération relate aussi ces « résultats spectaculaires » mais note que « bien des questions demeurent. Comment s’y prendre ? Quand faut-il avaler cette molécule ? […] N’y a-t-il pas aussi le risque que cela provoque un usage moins fréquent du préservatif  ? ».
Le quotidien souligne qu’« en France, la question se pose de manière aiguë : plus de 6.000 personnes découvrent chaque année leur séropositivité ».