Sexualité à long terme après prostatectomie radicale

Publié le 7 août 2014 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Source : JIM

Il est admis que ce sont les bandelettes nerveuses courant le long de la prostate qui sont responsables de l’érection ; aussi tente-t-on de les préserver chaque fois que c’est possible.

Ainsi peut-on obtenir des taux appréciables (66 %) de conservation de la puissance sexuelle à 18 mois après une prostatectomie radicale. Contrairement à ce qu’on pensait, ces taux peuvent encore progresser au-delà, et les auteurs new-yorkais 1 font part de leur expérience sur les fonctions sexuelle (FS) et érectile (FE) avec un recul de 10 ans.

Leur série d’opérés compte 1 807 patients, âgés en moyenne de 59 ans. Une préservation nerveuse a été possible des 2 côtés chez 76 % et d’un côté chez 15 % d’entre eux. Les opérés ont été invités à remplir un questionnaire à 3, 6, 12, 24, 96 et 120 mois après la PR, s’enquérant de leur fonction sexuelle (FS) et de leur fonction érectile (FE) (libido, érection, pénétration, orgasme, chaque réponse étant scorée). Tous ceux qui avaient une vie sexuelle avant la PR et souhaitaient la poursuivre, ont reçu des inhibiteurs de la 5-diphosphoestérase, et, en cas d’échec, des injections intra-caverneuses de prostaglandines, voire, en l’absence de résultat tangible, la mise en place d’une prothèse pénienne.

 

Le score initial de la FS était de 70 et celui de la FE de 72. Des réponses au questionnaire ont été obtenues à 3 mois pour 1 694 patients (94 %), et, à 10 ans, sur 475 survivants non perdus de vue, 192 (40 %) ont encore rempli le questionnaire. On a constaté que ceux qui ont répondu aux questions avec un recul de 8 ans avaient un score moyen initial de FS plus élevé que leurs congénères (73 vs 70). Surtout on a constaté une chute considérable des 2 scores 3 mois après la PR (tombant à 23 pour la FS et à 12 pour la FE), puis une nette remontée à 2 ans (41 et 33), qui se maintient à peu près jusqu’à 8 ans avant d’amorcer un nouveau déclin (scores de 37 et 32 à 10 ans, attestant d’une grande stabilité de la FE entre 2 et 10 ans). Les hommes de moins de 60 ans ont des scores meilleurs que les hommes plus âgés lors de toutes les étapes.

Au total, les hommes plus jeunes et ceux dont les fonctions étaient le plus satisfaisantes ont eu les meilleurs résultats, mais, chez tous, on note un nadir à 3 mois suivi d’une amélioration sensible, jusqu’à 2 ans et une stabilité ensuite jusqu’à 8 ans avant une petite rechute entre 8 et 10 ans.

Dr Jean-Fred Warlin

Notes:

  1. Sivarajan G et coll. : Ten-year outcomes of sexual function after radical prostatectomy: results of a prospective longitudinal study. Eur Urol., 2014; 65: 58-65.