Ces médicaments qui nuisent à la sexualité

Publié le 16 mai 2013 dans la catégorie Actualités

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Le Point , Le Parisien , Le Nouvel Observateur

     Anne Jeanblanc remarque dans Le Point que « si le rapport du congrès de l’Association française d’urologie est consacré, cette année, à la médecine sexuelle, c’est parce que ces spécialistes manquent de culture en la matière et qu’il n’est pas toujours aisé pour les médecins de parler de la sexualité, surtout en l’absence de formation (ce sujet n’est abordé dans le cursus des études de médecine que depuis peu) ».

      La journaliste note que « selon le Pr François Giuliano, l’un des trois auteurs de ce document, traiter ce thème était d’autant plus important que « la connaissance de la physiologie de la sexualité masculine et féminine a beaucoup progressé ces 15 dernières années » et que, « en tant que chirurgiens de l’appareil urinaire de l’homme et de la femme et spécialistes de l’appareil génital de l’homme, les urologues ont une légitimité certaine en termes d’expertise sur les structures anatomiques qui participent à la réponse sexuelle » ».

     Anne Jeanblanc souligne donc que « les urologues devraient pouvoir désormais aider plus efficacement les patients dont les pathologies ou l’âge retentissent sur la vie sexuelle. Et notamment connaître les médicaments qui ont des répercussions sur celle-ci ». La journaliste constate en effet que « les prescripteurs ignorent trop souvent ces effets qui poussent les malades à interrompre spontanément leurs traitements, ce qui peut avoir des conséquences plus ou moins graves sur la santé ». « Selon le rapport, un bon interrogatoire permet de faire la différence entre un effet secondaire avéré de la thérapie, des symptômes sexuels liés à la pathologie, […] voire un effet psychologique lié à la crainte des conséquences sexuelles possibles de la prise de médicaments », explique Anne Jeanblanc.

     La journaliste indique notamment que « parmi les principales classes thérapeutiques pouvant induire de tels effets, on trouve les anti-hypertenseurs, qui provoquent une impuissance chez certains hommes traités. Selon l’AFU, « seuls les diurétiques thiazidiques accroissent de manière significative le risque de dysfonction érectile ». […] Côté antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont responsables d’effets secondaires sexuels fréquents, la sérotonine ayant une influence inhibitrice sur les fonctions sexuelles féminines et masculines ».

     De son côté, Le Parisien consacre une page à « un nouveau médicament pour faire durer le plaisir ». Le journal indique en effet qu’« après le Viagra, […] c’est au tour du Priligy® de s’apprêter à trouver place dans les pharmacies hexagonales, au plus grand bonheur, cette fois, des éjaculateurs précoces ». Le quotidien remarque que « déjà commercialisé dans plusieurs pays européens, ce médicament sera installé au premier trimestre 2013. […] Sa cible n’est pas négligeable, puisque près d’un Français sur trois déclare souffrir d’éjaculation précoce ».

     Le Parisien explique que « contrairement aux troubles de l’érection, […] l’éjaculation précoce n’est pas un problème mécanique. Elle trouve son origine au plus profond du cerveau ». Le Pr François Giuliano indique que « nos neurones libèrent des neuromédiateurs, dont la sérotonine, qui intervient dans le contrôle de l’éjaculation. Plus on a de la sérotonine dans le cerveau, plus l’éjaculation est retardée. Le principe actif de ce nouveau médicament, la dapoxetine, est une molécule qui va permettre à la sérotonine de rester plus longtemps dans le cerveau ».

     Le Nouvel Observateur s’intéresse également à ce médicament et précise qu’il « n’est pas le médicament miracle ». Le magazine relève qu’« il multiplie par 3 le délai d’éjaculation. Or, un homme souffrant de ce trouble éjacule au maximum au bout d’une minute ». Le Pr François Desgrandchamps, urologue à l’hôpital Saint-Louis (Paris), indique ainsi que « cela reste largement en-dessous de la durée moyenne d’un rapport sexuel, entre 7 et 15 minutes. Donc, ça soigne mais ça ne guérit pas ». Le Nouvel Observateur évoque en outre les effets secondaires, soulignant que « les études ont montré qu’environ 10% des patients souffraient de vertiges, de diarrhées, d’insomnies ou de maux de tête. Par ailleurs, ce médicament est contre-indiqué aux personnes prenant déjà un antidépresseur, aux cardiaques et aux malades du foie ». 

     L’express précise que la molécule était « déjà utilisée en France en dehors du cadre officiel de son Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) » sous forme d’un antidepresseur qu’il fallait prendre une fois par jour, et que l’intérêt de la «nouvelle molécule, le Priligy peut être pris à la demande. Il ne possède pas les effets à long terme de l’antidépresseur».