Plus de partenaires sexuels, moins de cancer de prostate ?

Publié le 28 novembre 2014 dans la catégorie Actualités

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Source : Sciences & Avenir, LaPresse.ca

Avoir fréquenté plus de 20 femmes dans sa vie permettrait de réduire substantiellement le risque de cancer de la prostate. C’est la conclusion d’une étude 1 menée au Québec, pour laquelle 3.208 Canadiens ont répondu à un questionnaire sur leur vie sexuelle.
Des conclusions qui sont toutefois à prendre avec des pincettes.

Au cours de ce travail, 3.208 Canadiens ont répondu à un questionnaire portant sur leur vie sexuelle. Sur cet échantillon, 1.590 s’étaient fait diagnostiquer un cancer de la prostate entre septembre 2005 et août 2009. 1.618 hommes en étaient indemnes. Sans surprise, les hommes atteints d’un cancer de la prostate étaient deux fois plus nombreux à avoir eu un proche parent souffrant de la même affection.

Mais le dépouillement des réponses a également fait apparaître une incidence dans la fréquence des rapports et surtout le nombre des partenaires sexuels.

Les hommes affirmant n’avoir jamais eu de relations sexuelles pourrait courir un risque presque deux fois plus important d’être atteint par cette pathologie que ceux qui déclarent en avoir eu.

A l’inverse, lorsqu’un homme déclare avoir fréquenté plus de 20 femmes dans sa vie, son risque est réduit de 28% pour tous types de cancer de la prostate et de 19% pour un type de cancer agressif.

Problème : les états de service de ces personnes sont invérifiables. De fait, la chercheuse Marie-Élise Parent commente sa propre étude avec beaucoup de prudence :

Il est possible que le fait d’avoir connu plusieurs partenaires sexuelles se traduise par une fréquence d’éjaculation plus grande, dont l’effet protecteur contre le cancer de la prostate a été observé précédemment dans des études de cohorte », estime Marie-Élise Parent.

Mais dans ce cas, pourquoi la masturbation produirait-elle une éjaculation moins « pertinente » ? L’équipe québécoise ne répond pas à la question. Et le seul éclairage complémentaire a été apporté par Mme Parent dans le Montreal gazette où elle explique que « coucher avec de nombreuses femmes ne signifie pas toutes en même temps. Les gens doivent comprendre qu’il s’agit de plus de 20 femmes sur toute la durée de vie ». Une dernière boutade… comme pour souligner la légèreté de l’étude ?

 

Notes:

  1. Sexual partners, sexually transmitted infections, and prostate cancer risk. Andrea R. Spence, Marie-Claude Rousseau, Marie-Élise Parent. The International Journal of Cancer Epidemiology, Detection and Prevention December 2014 Volume 38, Issue 6, Pages 700–707. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.canep.2014.09.005