« Plan cul », la nouvelle sexualité des jeunes

Publié le 9 juillet 2014 dans la catégorie Actualités

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Source : Le Figaro 

 

Cette pratique sexuelle controversée serait en réalité une façon de s’affirmer et de faire de belles rencontres. À la seule condition, paradoxale, de ne pas en parler et d’être un garçon. 

Le livre de Jean-François Bayart, Le Plan cul – Ethnologie d’une pratique sexuelle (Éd. Fayard) a déjà trouvé un écho retentissant dans les médias depuis sa sortie début mai. Tout d’abord parce que l’auteur est un éminent chercheur au CNRS. Ensuite car il invite à repenser les normes de notre société à travers le prisme d’une pratique sexuelle, non pas à la stigmatiser comme bon nombre de spécialistes l’ont fait avant lui. À travers l’étude de cette forme de sexualité, Jean-François Bayart dresse le portrait d’une jeunesse qui cherche des repères familiaux et sentimentaux. Le « plan cul » n’est pas qu’une coucherie d’un soir. Ce serait aussi une manière de s’affirmer, de revendiquer sa liberté et pourquoi pas, de faire une belle rencontre.

« Le plan cul est un moment dédié à la pratique du sexe, qui ne trouve sa justification que dans la recherche du plaisir, abstraite de toute considération affective sans qu’elle l’exclue nécessairement et qui est largement déconnecté des autres domaines de la vie. » C’est ainsi que Jean-François Bayart définit ce fameux « plan cul ». Plus simplement, c’est un rendez-vous entre deux individus qui ont pour seul et unique but la recherche du plaisir charnel. Loin d’être synonyme de faiblesse, de détresse émotionnelle ou caractéristique d’un rite de passage imposé, ce type de relation serait représentatif d’un style de vie, bien qu’encore controversé. C’est à travers les interviews de Grégoire et d’Hector et de leur relation au « plan cul », que l’auteur propose de redéfinir une pratique à la fois banalisée et décriée, connue mais dissimulée.

Le « plan cul », un plan de vie  

En France, le sexe est à la fois omniprésent et dissimulé, banalisé et dramatisé, méprisé et apprécié. Un constat simple mais qui n’en demeure pas moins l’illustration d’un phénomène éminent : l’irruption dans l’espace public de l’intimité. Difficile alors de faire la part des choses. Que dévoiler, que taire de son intimité ? Et lorsque l’on prend le parti d’en parler, il est souvent question de performance et de vie sexuelle épanouie. Impossible donc, d’avouer avoir des difficultés sexuelles.  Qu’en est-il alors de ceux qui, comme Grégoire, ne parviennent pas à définir leur orientation sexuelle ? Il a finalement trouvé dans le « plan cul », un certain réconfort. Pour le jeune homme, pas toujours à l’aise avec son corps, il vit comme un progrès sa nouvelle capacité à « faire l’amour sans avoir de relation amoureuse » et admet que c’est un moyen de faire son éducation sexuelle. Il souligne même la « tolérance commune » qui préside à ce type de rencontres et les rend « assez agréables ».