Parler sexualité aux adolescents mène à des pratiques moins risquées

Publié le 9 février 2016 dans la catégorie Revue de la littérature

Dossiers : , ,
Publicité

Source : Ladepeche.fr

À l’heure où les jeunes s’informent facilement sur internet et auraient plutôt tendance à parler de sexualité sur les réseaux sociaux ou entre amis, cette étude relate que pour éviter les comportements sexuels à risque, mieux vaut un bon dialogue sans tabou, ou presque, avec ses parents, et en particulier avec sa mère.

Parce que les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles sont un véritable problème de santé publique, Laura Widman et son équipe, chercheurs à l’université d’État de Caroline du Nord (États-Unis) se sont intéressés à la façon dont les ados communiquaient avec leurs parents en matière de sexualité.

Ils ont passé en revue l’abondante littérature médicale sur le sujet, soit plus de 52 articles, et regroupé les données issues de 30 ans de recherche impliquant plus de 25.000 adolescents afin d’étudier les effets d’une bonne communication sur les pratiques sexuelles des jeunes.

Leurs résultats, publiés dans la revue JAMA Pediatrics 1, montrent le lien, petit, mais significatif qui existe entre une bonne communication en matière de sexualité et des comportements sexuels plus sûrs, comme un meilleur usage fait du préservatif et la prise régulière d’un moyen contraceptif. Même s’il n’est pas le seul facteur, nuance Laura Widman. La corrélation est particulièrement sensible pour les filles plutôt que pour les garçons.

Cette étude suggère qu’une bonne communication sur le sujet, particulièrement entre mères et filles, a un effet protecteur sur la contraception et l’utilisation du préservatif par les jeunes, concluent les auteurs.

Dans un éditorial associé à cette étude et publié dans la même revue 2, Vincent Guilamo-Ramos, coauteur et chercheur à l’université de New York note aussi que : « Une grande partie des travaux de recherche s’est centrée sur la façon dont les parents influencent les premiers rapports sexuels pour les retarder. Les jeunes déjà actifs sexuellement tirent également profit des discussions parentales concernant les sujets qui ont trait à la sexualité et à la santé reproductive. Les jeunes veulent entendre leurs parents s’exprimer et en très grande majorité affirmer que c’est une vraie préoccupation qui compte pour eux. En conséquence, les actions de santé publique valables devraient renforcer le seul rôle que peuvent jouer les parents en matière de prise de décision en matière de sexualité parmi les adolescents ».

Beaucoup de parents craignent néanmoins que s’ils abordent le sujet, leurs enfants soient incités à s’initier au sexe, note aussi Vincent Guilamo-Ramos, qui constate qu’une partie des ados redoute aussi cette discussion.

Si seulement un tiers des jeunes Américains sont sexuellement actifs aujourd’hui, la moitié des 15-24 ans ont déjà été atteints d’une IST et plus de 600.000 grossesses surviennent annuellement chez les adolescentes, soulignent les chercheurs.

Notes:

  1. Widman L, Choukas-Bradley S, Noar SM, Nesi J, Garrett K. Parent-adolescent sexual communication and adolescent safer sex behavior: A meta-analysis. JAMA Pediatr. 1 janv 2016;170(1):52‑61.doi:10.1001/jamapediatrics.2015.2731.
  2. Guilamo-Ramos V, Lee JJ, Jaccard J. Parent-adolescent communication about contraception and condom use. JAMA Pediatr. 1 janv 2016;170(1):14‑6.doi:10.1001/jamapediatrics.2015.3109.