Les vulvodynies, plus fréquentes qu’on ne le croit

Publié le 17 août 2014 dans la catégorie Actualités, Enquêtes

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Source : Journal International de Médecine

Une vaste enquête réalisée aux Etats-Unis a mis en évidence la fréquence des vulvodynies, ces douleurs ou brûlures vulvaires persistantes, au cours ou au décours de rapports sexuels, en l’absence d’anomalies objectives, telles qu’une infection ou une dermatose.


Elle a porté sur 5 540 femmes âgées de 18 à 40 ans vivant à Boston ou dans ses environs et 13 681 résidentes de la région de Minneapolis et Saint Paul de la même tranche d’âge 1. Elles ont complété un questionnaire sur leurs antécédents de douleurs ou de brûlures vulvaires ayant duré au moins trois mois et empêchant ou limitant leurs relations sexuelles, ainsi que leur recours ou non aux services de santé pour ces troubles et les modalités de leur prise en charge.

Sept à 8 % des femmes participantes ont déclaré avoir souffert d’au moins un épisode de vulvodynie ayant duré 3 mois ou plus.

Le premier épisode est survenu le plus souvent avant l’âge de 25 ans, l’incidence de l’affection décroissant ensuite jusqu’à 35 ans et augmentant à nouveau à l’approche de la quarantaine. La fréquence de ces vulvodynies s’est révélée sensiblement identique dans les deux régions où a été menée l’étude, avec une prévalence plus importante chez les femmes hispaniques que chez les participantes d’autres origines.

La prise en charge est apparue très insuffisante : la moitié des femmes de la région de Minneapolis et 30 % de celles vivant dans l’agglomération bostonienne ont déclaré ne pas avoir consulté pour ces troubles malgré leur persistance et leurs conséquences pour leur sexualité. Et pour celles qui ont consulté un médecin, dans la moitié des cas, celui-ci n’a pas posé de diagnostic précis et, par conséquent, n’a proposé aucune mesure thérapeutique.

Pour les auteurs, cette étude met en lumière la forte prévalence des vulvodynies et l’insuffisance de leur prise en charge, des résultats qui justifient une meilleure formation des praticiens pour que ces troubles soient mieux détectés et mieux traités.

Dr Marine Joras

En savoir plus : http://www.blogdunsexologue.com/cours-de-sexologie/les-dysfonctions-sexuelles/dysfonctions-sexuelles-feminines/dyspareunies-vestibulite

Notes:

  1. Harlow BL et coll. : Prevalence of symptoms consistent with vulvodynia : population based estimates from 2 geographic regions. Am J Obstet Gynecol., 2014; 210: 40.