Les seniors ont aussi des comportements sexuels à risque

Publié le 21 décembre 2013 dans la catégorie Actualités

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Selon une étude française, les plus de 65 ans utilisent moins fréquemment le préservatif que les autres classes d’âge. Résultat, la prévalence de certaines IST est plus élevée dans cette classe d’âge.

Les seniors ont aussi des comportements sexuels à risque. Ce sont les conclusions étonnantes d’une étude française menée dans des centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) parisiens des infections sexuellements transmissibles (IST). Présentée il y a quelques jours lors du Congrès de la Société française de dermatologie (SFD), et relayée par l’Agence presse médicale, cette recherche montre que la libération sexuelle pronée au moment du mouvement hippie fait de la résistance. Ces seniors, peu soucieux des risques d’une sexualité sans protection, sont en effet ceux qui avaient entre 20 et 30 ans à la fin des années 1960.

Les seniors boudent le dépistage des IST
Pour parvenir à établir ce constat, des chercheurs se sont intéressés à cette population au sein de leur CDAG respectif. Ils ont à cet effet conduit une étude rétrospective de dossiers médicaux des patients de 65 ans et plus ayant consulté en 2013. Une étude comparative avec les 20-30 ans a notamment été effectuée afin de déterminer si cette population présentait des spécificités. Ainsi, sur quelque 11 700 patients, près de 56 % avaient entre 20 et 30 ans et seulement 1,2 % plus de 65 ans. « Le plus vieux avait 84 ans et la plus vieille 81 ans », précisent les chercheurs pour l’anecdote !
Résultat, il apparaît que les seniors ont eu autant de partenaires au cours de l’année passée que les personnes plus jeunes consultant le CDAG. « Mais l’usage du préservatif est moins fréquent chez les seniors », indiquent les auteurs.

Une prévalence plus élevée de l’hépatite C, et du VIH, chez les seniors 
Par ailleurs, parmi ces 144 seniors, la majorité (83 %) était des hommes, avec plus de bisexuels et d’homosexuels que chez les 20-30 ans. Et les plus de 65 ans avaient aussi davantage d’antécédents de dépistage du VIH, liés à leur âge, mais également plus d’antécédents d’IST, comme des gonococcies, de l’herpès ou de la syphilis, par rapport aux 25-30 ans.
En outre, chez ces seniors, des rapports non protégés, des accidents de préservatif ou une infidélité motivent souvent la démarche de dépistage, alors que les 25-30 ans vont plus souvent au CDAG lorsqu’ils débutent une nouvelle relation.
Cette moindre utilisation du préservatif n’est pas sans conséquence. Pour preuve, les résultats de ces dépistages sérologiques ont montré une prévalence plus élevée de certaines IST chez les seniors que chez les 20-30 ans. « Pour le VIH, de respectivement 1,44 % et 0,36 %, et pour le VHC, de 4,26 % contre 0,08 % », a souligné le Dr Bruno Halioua de l’Insitut Alfred-Fournier (Paris), principal auteur de l’étude.

Une vigilance particulière doit être apportée aux seniors
« Cette étude suggère que les seniors, même s’ils ne représentent qu’une faible proportion des personnes consultant en CDAG (…) ont aussi des comportements sexuels à risque, (…) une vigilance particulière est nécessaire », a poursuivi Bruno Halioua.
Et ce dernier de conclure en indiquant qu’aux Etats-Unis, « on commence à voir des campagnes d’information et de prévention ciblées, avec par exemple comme slogan « l’âge ne protège pas contre le sida ». »
Enfin, dans l’auditoire présent lors de ce Congrès, d’autres voix ont également souligné la nécessité d’informer les jeunes professionnels médicaux et paramédicaux, souligne l’APM. « Ces derniers n’imaginent pas toujours que les seniors ont encore une vie sexuelle et n’osent pas les interroger sur ces aspects, par exemple en cas de lésions douteuses. »