Les rapports lesbiens peuvent transmettre le VIH

Publié le 21 juillet 2014 dans la catégorie Actualités

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Source : Univadis

L’une des toutes premières observations où la transmission du VIH par des relations sexuelles homosexuelles féminines exclusives semble être démontrée avec des arguments virologiques puissants.

En avril 2012 une femme de 46 ans se présente aux urgences d’un hôpital texan pour un syndrome fébrile. Celui-ci s’accompagne de maux de gorge, de toux sèche, de perte d’appétit, de vomissements, de diarrhées et de crampes musculaires. L’interrogatoire permet d’apprendre que la patiente n’a de relations sexuelles qu’avec des femmes depuis 10 ans et que depuis 6 mois, elle entretient une relation exclusive avec une femme séropositive pour le VIH depuis 5 ans et ayant interrompu son traitement antirétroviral en novembre 2010. La patiente qui complète ses revenus en vendant régulièrement son plasma avait un test VIH ELISA négatif en mars 2012. Compte tenu du contexte épidémiologique et du tableau clinique pouvant évoquer une primo-infection, le test est renouvelé aux urgences et se révèle toujours négatif ce qui conduit à une simple prescription antibiotique.

Dix-huit jours plus tard la patiente qui souhaite vendre à nouveau son plasma bénéficie d’un nouveau test ELISA qui revient cette fois positif, ce que confirmera un western blot pour le VIH-1.

Des séquences nucléotidiques communes.

Une enquête épidémiologique et virologique complète est alors entreprise pour confirmer ou infirmer la transmission du virus lors de relations homosexuelles féminines exclusives.

L’interrogatoire confirme l’absence de tout autre facteur de risque connu puisqu’en particulier il n’y a pas eu de relations hétérosexuelles depuis 10 ans, que la patiente ne s’injecte pas de drogues, n’a pas été tatouée ou traitée par acupuncture et n’a reçu ni transfusion ni transplantation.
Ses relations sexuelles non protégées avec sa compagne séropositive incluent des contacts oro-vaginaux et le partage de sex-toys y compris durant les périodes de menstruations. Les contacts sexuels sont parfois suffisamment violents pour être hémorragiques. La patiente précise qu’elle n’a eu qu’une seule partenaire sexuelle depuis 6 mois.

Pour aller plus loin une étude phylogénique des souches virales isolées chez les deux partenaires est entreprise. Elle montre une identité de 98,7 et de 98 % des séquences nucléotidiques de trois gènes des deux virus (pol, env et gag).
Il s’agit donc de l’une des toutes premières observations où la transmission du VIH par des relations sexuelles homosexuelles féminines exclusives semble démontrée avec des arguments virologiques puissants.

La contamination dans ce cas peut être liée au contact muqueux avec les sécrétions vaginales ou le sang (rapports traumatiques ou menstruation). De fait, les études épidémiologiques qui ont été conduites sur des populations homosexuelles féminines ont montré que ce mode de contamination est tout à fait exceptionnel chez les femmes n’ayant pas d’autres facteurs de risque et que cette voie de transmission est donc très peu « efficace ».

Malgré cette rareté Chan et coll 1. préconisent de délivrer des conseils de prévention aux femmes de couples homosexuels séro-discordants et d’insister sur l’importance du traitement antirétroviral du sujet séropositif pour réduire encore le risque de contamination en diminuant la charge virale.

Notes:

  1. Chan S et coll.: Likely female-to-female sexual transmission of HIV- Texas, 2012.MMWR 2014; 63: 209-212.