Les adolescents pas dupes face au porno

Publié le 12 février 2014 dans la catégorie Actualités

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Source : http://www.lematin.ch/suisse/adolescents-dupes-face-porno/story/21891005

Selon une étude zurichoise, les jeunes font la différence entre fiction et réalité en matière de sexualité.

Les images pornographiques consommées régulièrement par les jeunes ont-elles une influence sur leur façon d’aborder la sexualité? Difficile de l’affirmer, disent les experts. Pourtant, les rapprochements sont souvent et rapidement faits. Quand le monde est ébranlé par une tuerie commise par un adolescent, les jeux vidéo violents sont pointés du doigt. Et dans le cadre d’un viol perpétré par des jeunes, la consommation de pornographie est jugée coupable.

Le porno pourrait même être utile!

Et pourtant, un travail de master réalisé à la Haute Ecole zurichoise de sciences appliquées montre que les adolescents font bien la part des choses entre la fiction et la réalité. Au contraire, les images à caractère pornographique pourraient même se montrer bénéfiques! Selon une étude menée auprès de 130 jeunes âgés de 11 à 16 ans du canton de Lucerne, plus les adolescents consomment d’images cochonnes et plus ils sont lucides. En effet, ceux qui consomment de la pornographie plusieurs fois par semaine sont 84,2% à penser que la sexualité d’un couple ne ressemble jamais ou rarement à celle qu’ils voient dans une production érotique. Auprès des adolescents qui regardent moins d’une fois par semaine du porno, ils ne sont que 63,9% à le penser. Dans cette catégorie-là, 8,4% des sondés estiment que la sexualité d’un couple ressemble toujours ou souvent au porno. Chez les utilisateurs fréquents, personne ne le pense.

Un résultat qui ne surprend pas Willy Pasini. «Les adolescents sont plus intelligents qu’on ne le croit. Ils arrivent à faire la part des choses», explique le sexologue. Pour Marc Pointel, diplômé universitaire en sexologie, ces chiffres pourraient permettre d’éviter des «raccourcis extrêmes». «Les films pornos relèvent du fantasme. Tout comme quand on va au cinéma, c’est pour se divertir, pense le Français, propriétaire du magasin Le Roi de la Capote, à Paris. C’est pour se déconnecter de la réalité. On ne devient pas terroriste après un film de Bruce Willis. tout comme on n’applique pas tout ce qu’on voit dans un film pornographique.» Voilà qui devrait rassurer dans les chaumières.