Le sperme serait affecté par les pesticides

Publié le 8 août 2015 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Source : Le monde

Le journal Le Monde observe que « les niveaux de résidus de pesticides les plus élevés dans les fruits et légumes consommés sont associés à une moindre qualité du sperme, selon une étude. […] Notamment en cause : les fraises, les pommes, les poires ou les épinards, dont la teneur en résidus de pesticides est particulièrement élevée ».
Le quotidien explique que « l’étude, réalisée auprès de 155 hommes, âgés de 18 à 55 ans, fréquentant un centre de traitement de l’infertilité, est publiée dans Human Reproduction 1 ; 338 recueils de sperme provenant de ces hommes ont été analysés entre 2007-2012 ».
« Selon cette étude, les hommes qui consomment les niveaux de résidus de pesticides les plus élevés dans les fruits et légumes consommés ont un nombre de spermatozoïdes inférieur de 49% (86 millions par éjaculat contre 171 millions) par rapport aux hommes qui en consomment le moins, ainsi qu’un pourcentage de formes normales de spermatozoïdes inférieur de 32% », 
indique le journal.
Le Monde précise que « la consommation en fruits et légumes des participants a été évaluée par questionnaire. Les niveaux de résidus de pesticides ont été estimés sur la base des données du ministère de l’agriculture américain. Les fruits et légumes consommés ont été ainsi répartis en groupes en fonction de leur teneur en résidus de pesticides : basse (pois, haricots, pamplemousse et oignons…), modérée ou élevée (fraises, épinards, poivrons, pommes, poires…). Le fait de laver et peler ces aliments a été pris en compte mais pas la nature des produits consommés (« bio » ou pas) ».
Le quotidien souligne que « ce type d’étude sur des couples consultant pour infertilité ne permet pas d’extrapoler à l’ensemble de la population masculine sans regarder si on y retrouve la même association. De plus, outre le petit nombre de participants, la mesure des pesticides n’était pas directe, selon des spécialistes ».
Le Monde indique en outre que « pour le professeur de nutrition et d’épidémiologie Jorge Chavarro (Harvard Medical School, Boston), co-auteur de l’étude, «ces résultats ne doivent pas décourager la consommation de fruits et légumes en général». Il suggère néanmoins de privilégier la consommation de produits « bio » ou d’éviter les produits connus pour contenir de grandes quantités de résidus ».
Le Parisien relate aussi les résultats de cette étude et cite ses auteurs : « Ces résultats suggèrent que l’exposition aux pesticides utilisés dans la production agricole pour l’alimentation peut être suffisante pour affecter la spermatogenèse chez l’homme ».
« Ils admettent toutefois que leur étude a certaines limites et que « d’autres recherches sont nécessaires » », 
note le journal.

Notes:

  1. Hagai Levine and Shanna H. Swan. Is dietary pesticide exposure related to semen quality? Positive evidence from men attending a fertility clinic. Hum. Reprod. (2015) 30 (6): 1287-1289. doi: 10.1093/humrep/dev065