Le soutien-gorge serait-il inutile ?

Publié le 23 mai 2013 dans la catégorie Actualités

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C’est l’hypothèse d’un médecin de l’hôpital (CHRU) de Besançon qui mène depuis 15 ans une étude sur l’intérêt pour les femmes de porter ou non cet accessoire.

Depuis 1997, Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHRU de Besançon et professeur à l’Université de Franche-Comté, a observé et mesuré les seins de près de 320 femmes pour étudier le comportement d’une poitrine sans soutien-gorge.

Il a plus particulièrement suivi un groupe d’une cinquantaine de femmes de 18 à 35 ans et les premiers résultats de cette « étude préliminaire » montrent « que l’utilité du soutien-gorge mérite d’être posée », a expliqué le médecin mercredi à l’AFP.

Son équipe a observé sur ce groupe restreint que sans soutien-gorge, « le mamelon des seins remontait en moyenne de 7 millimètres en un an, par rapport à l’épaule ». Le médecin a également relevé que globalement « les seins se raffermissent et que les vergetures s’estompent ».

Il émet l’hypothèse que « si la femme met un soutien-gorge dès l’apparition de ses seins, l’appareil suspenseur (situé sur le haut du corps) ne travaille pas correctement et ses tissus de suspension se distendent ».

« La femme devient alors dépendante du soutien-gorge, dont elle n’a pas vraiment besoin », selon M. Rouillon.

Capucine Vercellotti, membre de l’équipe de France de course d’orientation, a participé à l’étude. « Au début, j’étais un peu réticente à l’idée de courir sans soutien-gorge, mais je me suis lancée et après cinq minutes, je n’avais plus mal du tout », raconte-t-elle.

« Je ne sens pas vraiment de différence dans la vie de tous les jours, mais lorsque je remets un soutien-gorge je ne me sens plus du tout à l’aise », ajoute la jeune femme de 28 ans qui « respire beaucoup mieux sans ».

Sa mère a suivi l’exemple, remisant le soutien-gorge au placard. « Les femmes qui font confiance à leur soutien-gorge n’ont plus la sensation d’avoir des seins, car ils sont soutenus, et elles adoptent une mauvaise posture. Sans, elles se redressent et se tiennent plus droite « , constate cette ostéopathe de 59 ans.

« Les femmes ont l’impression que sans soutien-gorge leurs seins tombent, mais c’est une illusion », affirme-t-elle, persuadée que « le seul travail à affronter, c’est le regard des autres ».

Mais « il s’agit d’une étude préliminaire sur des femmes volontaires qui ne sont pas représentatives de l’ensemble de la population mondiale », a-t-il nuancé.

Par ailleurs, « tout dépend de la structure des seins de chacune », a ajouté le médecin. « Une femme de 45 ans en sur-poids et avec trois enfants n’a aucun intérêt à arrêter de porter un soutien-gorge », a-t-il ainsi prévenu.

Source : AFP