Le « Sexe 2.0 » : Enquête sur le sexe virtuel via les webcams et les nouvelles technologies

Publié le 27 mai 2013 dans la catégorie Actualités, Sondages

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Si les rapports sexuels virtuels restent des formes minoritaires de la sexualité, de plus en plus de Français, notamment les jeunes de moins de 25 ans, se tournent vers les nouvelles technologies pour réaliser leurs fantasmes.

C’est la conclusion à laquelle est parvenu l’institut de sondage Ifop  qui a publié mercredi une étude « Sexe 2.0 » pour le site de sexcam CAM4.

Permettant de satisfaire sa libido ou d’entretenir les liens affectifs au sein du couple, les expériences sexuelles virtuelles viennent peu à peu enrichir le répertoire sexuel des Français. Certes, ces jeux sexuels virtuels restent des formes minoritaires de la sexualité. Mais le désir des gens, et notamment des jeunes, d’expérimenter des choses nouvelles, susceptibles de rompre avec la relative banalité de leur vie sexuelle, en font une source de créativité et de diversification de la sexualité. Ainsi, ces outils technologiques participent, au même titre que les sextoys ou d’autres pratiques sexuelles dites « rares » ou « transgressives », au développement d’une vie érotique plus variée.
Plus largement, on note que l’intégration de ces nouvelles technologies dans la sexualité tend à inverser le mouvement de dissimulation de l’activité sexuelle et d’intériorisation des pulsions induit par le processus historique de civilisation. Car en garantissant aux gens un total anonymat tout en leur permettant d’élargir leurs choix de partenaires potentiels, Internet constitue un terrain idéal pour accomplir des fantasmes voyeuristes ou exhibitionnistes que l’on ne pouvait pas assouvir dans la vie réelle. L’engouement pour des sites spécialisés comme les sites de sexcam tient donc au fait qu’ils permettent aux adeptes de ce genre de pratiques d’assouvir des pulsions difficiles à réaliser dans la « réalité ».

 Ainsi ce sondage met en avant le fait que :

  • Les fantasmes de nature voyeuriste ou exhibitionniste sont partagés par de nombreux Français mais rarement accomplis dans la réalité
    • Près d’un Français sur trois (31%) admet être excité à l’idée d’observer des gens en train de se livrer à des jeux ou à des ébats sexuels et près d’un sur cinq (19%) voit son désir attisé par l’idée de se faire surprendre en train de faire l’amour. Le potentiel d’excitation de ce genre de situations est donc loin d’être négligeable
    • En effet, si plus d’un Français sur deux (54%) a déjà surpris des gens en train de se livrer à des jeux ou à des ébats sexuels en plein air ou dans des lieux publics, seule une proportion marginale (3%) admet en avoir épié de manière délibérée. De même, si plus des trois quarts des Français (76%) se sont déjà livrés à des ébats sexuels en plein air ou dans des lieux publics et un peu plus d’un sur dix (13%) se sont déjà fait surprendre à cette occasion, rares sont ceux qui se sont faits surprendre volontairement (à peine 1,5%).
  • Les technologies actuelles permettent désormais d’observer ou de s’adonner plus facilement à des actes sexuels « explicites »
    • Consistant à échanger par voie électronique des messages, photos ou vidéos à caractère sexuel, le « sexting » est ainsi une pratique particulièrement répandue chez les jeunes de moins de 25 ans : plus du tiers (35%) a déjà reçu des photos ou des vidéos d’autrui nu ou dénudé et un quart d’entre eux (25%) a déjà envoyé des photos ou des vidéos d’eux nus ou dénudés, sachant qu’ils sont aussi nombreux à avoir sollicité (26%) ou avoir été sollicités (26%) pour envoyer des photos ou des vidéos intimes.
    • Vidéo X amateur destinée à un usage privé, la sextape est une pratique plus limitée si l’on en juge la proportion de jeunes ayant déjà cherché à mettre un peu de piment dans leur vie de couple en filmant leurs ébats avec leur partenaire (11%). Elle n’en reste pas moins un fantasme appartenant au domaine du réalisable pour quatre jeunes sur dix (40%).
  • Les sexcams : une activité sexuelle virtuelle et interactive qui séduit de plus en plus de jeunes
    • La disposition des Français à faire l’amour virtuellement via une webcam est de plus en plus forte – 22% des Français pourraient se livrer à une telle expérience, contre 17% en 2009 – mais elle reste, dans les faits, une pratique encore limitée dans l’ensemble de la population (8% contre 6% en 2009). En revanche, elle se développe fortement chez les jeunes : la proportion de jeunes de moins de 25 ans s’y étant déjà adonnés a doublé en 4 ans, passant de 9% en 2009 à 16% en 2013. Au total, plus d’un jeune sur trois (35%) s’est donc déjà livré ou déclare qu’il pourrait se livrer un jour à ce type d’expérience.
    • On observe d’ailleurs le même niveau de pratique pour les jeux réalisés via une messagerie instantanée : 17% des jeunes se sont déjà livrés à des jeux sexuels sur un outil de type Skype ou MSN et près du double (36%) pourraient le faire. Le téléphone est quant à lui un outil un peu moins prisé pour ce type de jeux, que ce soit vocalement (13%) ou via la webcam d’un téléphone portable (3%).
    • L’observation de spectacles érotiques en direct (« live show sexuel ») est aussi une pratique de plus en plus répandue si l’on en juge la proportion de jeunes ayant déjà visionné le show sexuel d’une personne devant sa webcam, que ce soit comme simple spectateur (22%) ou en tchatant avec elle (18%). Dans le détail, on remarque que les adeptes de ce genre de shows sont, sans surprise, beaucoup plus nombreux dans la gent masculine (29% des hommes de moins de 25 ans) que féminine (11%) tout en étant surreprésentés dans les catégories populaires (16%) et chez les gays et bisexuels (53%).
    • La proportion de jeunes ayant eux-mêmes déjà réalisé un live show sexuel devant leur webcam est en revanche plus faible (10% en moyenne), confirmant l’idée selon laquelle y compris sur le web, les pratiques exhibitionnistes comptent toujours moins d’adeptes que les pratiques voyeuristes.

 

Source : IFOP