Le préservatif aurait une influence bénéfique sur la flore vaginale

Publié le 23 novembre 2013 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Futura-sciences

Une étude récente suggère que l’utilisation du préservatif favorise le développement d’une flore vaginale protectrice contre les infections. Les chercheurs ignorent encore les détails de cette influence, mais il s’agit néanmoins d’une raison de plus de se couvrir lors des rapports sexuels…

Le vagin est  muni d’une protection naturelle, mais pas imparable, contre les infections : les nombreux microbes qui habitent cet organe interagissent pour stopper les pathogènes. Les bactéries du genre Lactobacillus (lactobacilles), par exemple, produisent de l’acide lactique et de l’eau oxygénée qui font obstacle au développement des germes.

Image de bactéries du genre Lactobacillus. Ces microbes font partie de la flore vaginale normale et la protègent contre les infections.
Bactéries du genre Lactobacillus. Ces microbes font partie de la flore vaginale normale, et protègent l’organe contre les infections. © sage_anne, Flickr, cc by nc 2.0

Or, dans certaines conditions, la flore bactérienne du vagin est déséquilibrée et n’est plus capable d’assurer une protection efficace. Ce phénomène, appelé vaginose bactérienne, se caractérise par une diminution des lactobacilles et par la multiplication de germes anaérobies tels que Gardnerella vaginalis. La vaginose bactérienne n’est pas une infection au sens strict, mais elle rend le vagin plus fragile aux microbes dangereux. Elle augmente ainsi le risque de maladie inflammatoire pelvienne, d’IST (infection sexuellement transmissible) et d’accouchement prématuré.

L’usage du préservatif favorise le développement des lactobacilles

Des chercheurs de la Capital University of Medical Sciences à Pékin se sont intéressés à l’effet de l’utilisation de préservatifs sur cet équilibre bactérien. Leurs résultats, publiés dans la revue Plos One, suggèrent un effet positif de ce mode de contraception sur la santé vaginale.

Au cours de cette étude, les scientifiques ont sélectionné 164 femmes selon plusieurs critères : l’âge (entre 18 et 45 ans), la présence d’une vie sexuelle active, la prise d’une contraception suivie au cours des trois mois précédant l’expérience et l’absence de problèmes de santé. Les candidates ont été réparties en trois groupes en fonction de leur méthode de contraception, à savoir l’emploi d’unstérilet (57 femmes), l’utilisation de préservatifs (72) ou le procédé symptothermique (35), qui consiste à s’abstenir de sexe pendant l’ovulation. Aux jours 21 et 22 du cycle menstruel, les auteurs ont réalisé des prélèvements vaginaux. Grâce à des méthodes classiques de culture en laboratoire, ils ont pu analyser la composition des flores bactériennes. Ils ont également comparé le niveau de lecture des gènes dans chaque prélèvement par des techniques modernes de biologie moléculaire.

Leurs résultats mettent en évidence une corrélation positive entre l’utilisation des préservatifs et la santé vaginale. En effet, les femmes utilisant ce mode de contraception ont une flore vaginale plus riche en lactobacilles, et particulièrement en Lactobacillus crispatus, la souche responsable de la production d’eau oxygénée dans le vagin. Cette bactérie aurait un rôle dans la prévention contre le VIH. Si ces résultats suggèrent une influence bénéfique du port du préservatif sur la composition et la santé de la flore intime, des études sont encore nécessaires pour le confirmer, et pour mettre enlumière l’origine de cette influence. Le microbiote du vagin peut être modifié par de nombreux autres facteurs, comme le nombre de partenaires sexuels et la consommation de cigarettes.