Hommes et femmes aiment parler vulgairement pendant l’amour

Publié le 20 octobre 2015 dans la catégorie Actualités

Dossiers : , , , ,
Publicité

Source : Le Figaro

Ce que les amants se disent dans l’intimité du rapport sexuel est bien peu abordé en médecine sexuelle. Il faut donc saluer l’initiative de trois chercheurs australiens de l’université de Sydney, Peter Jonason, Gabrielle Betteridge et Ian Kneebone, qui ont décidé de lever le secret des discussions sur l’oreiller. Ils ont interrogé plus de 300 personnes âgées de 18 à 69 ans et viennent de dévoiler les résultats de leur investigation dans les Archives of Sexual Behavior 1.

Première constatation, neuf personnes sur dix parlent pendant l’acte sexuel. Nettement plus que dans une étude américaine publiée en 2006, mais il est toujours difficile de savoir si cela vient d’une évolution des mœurs ou d’une méthodologie différente. Et surprise, hommes et femmes n’hésitent pas à employer un langage vulgaire alors que selon de précédentes études, menées il est vrai dans les années 1970 et 1990, l’euphésime («faire l’amour») ou la terminologie médicale («pénis», «vagin») étaient privilégiés.

Mutualiste ou individualiste?

Les auteurs ont pu déterminer deux grands types d’échanges verbaux entre les amants : ceux centrés sur soi (qualifiés d’«individualistes» par les auteurs), et ceux axés sur le partage du plaisir («mutualistes»).

Quatre thèmes principaux ressortaient dans la famille «individualiste» : domination sexuelle (type «prends-la»…), soumission sexuelle («fais-moi ce que tu veux»), possessivité («c’est ma bonne XXXX»), et description de fantasmes («imagine que quelqu’un d’autre est là»).

Quatre autres thèmes se retrouvaient dans la famille «mutualiste»: feedback («oui», «oh, mon Dieu!»), instructions («plus vite»), renforcement («j’aime quand tu fais ça») et intimité («mon amour», «je t’aime», «tu es belle»).

Hommes et femmes n’étaient pas différents quant à leur préférence pour l’une ou l’autre de ces deux grandes familles, et les auteurs remarquent que les deux sexes privilégiaient les échanges «mutualistes». Ce qui tombe bien car c’est ce groupe qui traduit aussi la plus grande satisfaction sexuelle!

On dit à l’autre ce qu’il aime entendre

En regardant de plus près les thèmes, les auteurs ont tout de même réussi à trouver une différence, qui conforte les présupposés culturels : les femmes utilisaient plus le langage du registre de l’intimité et en éprouvaient davantage de satisfaction que les hommes. Stéréotype encore renforcé lorsque l’on distingue ce que l’on aime dire et ce que l’on aime entendre: on trouve davantage de femmes qui aiment dire des messages de soumission sexuelle et entendre des messages de domination, que l’inverse. Et l’on trouve davantage d’hommes que de femmes aimant entendre des messages de soumission sexuelle. «Il est possible que les hommes et les femmes aient tout simplement appris à dire ce que l’autre sexe aime entendre et retirent du plaisir au plaisir du partenaire», concluent les auteurs.