Finistère : Le personnel soignant formé à la sexualité des retraités

Publié le 27 juin 2013 dans la catégorie Actualités

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Accepter que deux résidents s’embrassent ou frapper à la porte avant d’entrer dans une chambre : la question de l’intimité et de la sexualité des personnes âgées en institution est au cœur d’une démarche inédite de formation du personnel soignant entreprise par un groupement de maisons de retraite du Finistère.

 Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Finistere.-Le-personnel-soignant-forme-a-la-sexualite-des-retraites_6346-2204125-fils-tous_filDMA.Htm

Programme de formation

« Quand je fais des petits bisous, c’est dans la chambre », assure Marcelle Plougoulm, 67 ans, résidente de l’espace Jacques Brel, une des trois maisons de retraite gérées par les municipalités de Guipavas et du Relecq-Kerhuon, non loin de Brest.

« Il y a des gens qui sont jaloux de nous voir ensemble, c’est pour ça qu’on ne se montre pas, on ne fait jamais de baisers devant tout le monde », assure Marcelle, en serrant tendrement la main de son compagnon, Jean-Noël Michel, 70 ans.

Partant du constat de la difficulté pour une personne en maison de retraite de vivre une sexualité et une vie affective et sentimentale épanouie, le Syndicat intercommunal à vocation unique des Rives de l’Elorn (SIVU Elorn) -qui gère les trois établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des deux municipalités- a entrepris de faire évoluer les représentations du personnel soignant via un programme de formation.

Droit à la vie privée

« Il s’agit d’accompagner les professionnels à l’idée que la sexualité et la vie affective n’ont pas d’âge », précise Eric Seguin, jeune directeur du SIVU Elorn, qui estime que le sujet n’est généralement pas abordé« par pudeur, timidité et méconnaissance ».

Venue mardi à la maison de retraite Georges Brassens de Guipavas pour« saluer une initiative très innovante », la ministre chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, a rappelé que « le droit à la vie privée et donc à l’intimité fait partie des droits fondamentaux des personnes ».

La formation, suivie par une centaine de personnels et soutenue par la Fondation de France, vise aussi à sensibiliser infirmières et aide-soignantes à l’arrivée en plus grand nombre dans les maisons de retraite des hommes, issus de la génération du baby-boom et qui vont connaître des gains d’espérance de vie supérieurs à ceux des femmes.