Exposition Bêtes de sexe: la sexualité « naturelle » face aux préjugés

Publié le 16 juin 2013 dans la catégorie Sexualité animale

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« L’homosexualité, c’est contre nature? » L’exposition Bêtes de sexe, au Palais de la Découverte jusqu’au 24 août, vous fera oublier tout ces mauvais clichés. Sexpress l’a vue pour vous.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sexualite/exposition-betes-de-sexe-la-sexualite-naturelle-face-aux-prejuges_1248785.html

L’homosexualité c’est contre nature? Les femelles entre elles ne peuvent pas avoir d’enfants? Le cannibalisme est un interdit de toutes les espèces vivantes? L’accouplement dure quelques secondes? C’est la femelle qui s’occupe des petits chez tous les êtres vivants? Les animaux, eux, naissent mâles ou femelles et le restent toute leur vie et n’ont pas la « lubie » d’être « trans »?

Autant de clichés qui s’envoleront et vous obligeront à réfléchir à ce qu’est la sexualité pour le monde vivant, des fleurs aux animaux. Si vous n’êtes pas prêts à apprendre, si vous n’êtes pas disposés à remettre en question vos préjugés sur « la nature », alors n’allez pas voir Bêtes de sexe, l’exposition qui se déroule au Palais de la Découverte, à Paris, jusqu’au 25 août.

Une exposition à différents niveaux de lecture

Un des intérêts et non des moindres de cette exposition est qu’elle est visible par des enfants à partir de 10 ans (qui s’y sentiront bien et apprécieront les reproductions d’animaux très réalistes, notamment les renards, superbes), par des ados (qui seront sûrement un peu gênés) et par des adultes. Chacun aura sa lecture et ses centres d’intérêt.

Ce qui est le plus choquant pour la majorité des adultes et des adolescents réside dans la violence de certaines scènes. Par exemple, les mâles du serpent jarretière contraignent les femelles à s’accoupler en les étouffant. De fait, les femelles ouvrent, en réaction défensive, leur orifice génital (par lequel elles rejettent normalement les matières fécales destinées à repousser les prédateurs) et cela permet aux mâles de pénétrer. Ou encore, on peut voir des films de cerfs ou d’éléphants se battant pour leur belle… Et ces mâles en sang n’ont rien de glamour!

Les enfants que j’ai interviewés là bas n’avaient pas regardé ces films et s’étaient spontanément dirigés vers ce qui leur convenait le mieux. Ils retiendront de l’exposition qu’ils ont vu « plein d’animaux ». Les adolescents, eux, étaient très gênés et une collégienne m’a assurée qu’elle ne parlerait pas à sa jeune soeur de ce qu’elle avait vu ici. Les adultes étaient intéressés, amusés, intrigués, surpris.

Où j’ai appris que certaines femelles se reproduisent entre-elles, sans mâles

Personnellement, entre autres choses, j’ignorais qu’il existait des espèces qui se reproduisaient sans mâles et je n’avais jamais réfléchi à la nécessité ou non de la reproduction Un espèce animale, le lézard à queue, a récemment éradiqué les mâles et abandonné la reproduction sexuelle. Elles se reproduisent par parthénogenèse: c’est à dire qu’elles pondent des oeufs qui donneront des clones d’elles-mêmes!

Ces « lézardes » ont néanmoins besoin d’un simulacre d’accouplement pour stimuler l’ovulation. Si l’intérêt à court terme pour l’espèce est évident (meilleur « rendement » reproductif), à long terme, cela conduit à une potentielle fragilité puisqu’il n’y a plus de brassage génétique et qu’une maladie unique peut toutes les tuer.

La représentation des renards roux qui s’accouplent est incroyable de réalisme. Les enfants n’y voient rien que deux animaux dos à dos. Si vous lisez les explications, vous apprendrez que les muscles vaginaux de la renarde se contractent et maintiennent pendant une heure l’organe mâle, lequel attend gentiment, dos à la femelle, que ce temps s’écoule. Il est vraisemblable que cette durée serve à ce que les spermatozoïdes fécondent réellement la femelle.

La dernière partie de l’exposition invite à une réflexion sur l’amour et la sexualité pour l’homme. Je ne vais pas tout vous raconter mais si vous êtes un peu curieux, allez-y, avec ou sans vos enfants.

Bêtes de sexe, la séduction dans le monde animal, du 23 octobre au 25 août 2013. Palais de la découverte. Du mardi au samedi de 9h30 à 18h00, dimanches et jours fériés de 10h00 à 19h00. Fermeture le 14 juillet. 8€ plein tarif, 6€ tarif réduit.

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