L’endométriose augmente le risque de fausses couches de 10%

Publié le 14 mai 2016 dans la catégorie Recherche clinique

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Schéma des localisations de l'endométriose

Source : Sciences et Avenir

Lise Loumé observe dans Sciences et Avenir que « ces dernières années, les campagnes d’information sur l’endométriose se sont multipliées, faisant la lumière sur cette maladie gynécologique méconnue du grand public et du corps médical alors qu’elle touche 180 millions de femmes dans le monde (une femme sur 7 en âge de procréer et 20 à 50% des femmes infertiles) ».
« Et les recherches scientifiques sur le sujet – elles aussi – ont proliféré. Il a été établi que cette maladie génère de fortes douleurs pelviennes, voire une infertilité, causée par la migration du tissu de la muqueuse utérine (endomètre) dans d’autres organes : vagin, ovaires, vessie, rectum… Jusqu’à présent, les scientifiques soupçonnaient un lien entre endométriose et hausse du risque de fausses couches, sans qu’il ne soit prouvé », poursuit la journaliste.


Lise Loumé relate les conclusions de « la première étude de grande ampleur sur ce sujet menée par des chercheurs de l’Inserm et publiée dans Human Reproduction 1 ». Les auteurs écrivent ainsi que « nos travaux ne laissent plus de place au doute : il existe un sur-risque de fausse couche au premier trimestre de grossesse en cas d’endométriose ».

Le mécanisme demeure mystérieux

L’étude a porté sur des femmes se rendant dans le service de gynécologie de l’hôpital Cochin de Paris, dirigé par le Pr Chapron, principal auteur de l’étude, pour une opération gynécologique bénigne.
Avant l’opération, les chirurgiens soumettaient les patientes à un questionnaire sur lequel elles indiquaient leurs éventuels antécédents de fausse couche, comment s’étaient passées leurs grossesses, si elles avaient souffert d’épisodes d’infertilité, eu recours à la fécondation in vitro… Durant l’opération, les médecins vérifiaient si elles souffraient d’endométriose.

Au total, les données de 478 grossesses de femmes atteintes d’endométriose ont été analysées et comparées à 964 grossesses contrôles. Bilan : sur les 478 grossesses du groupe « endométriose », 139 avaient abouti à une fausse couche (soit 29,1%), contre seulement 19,4% dans le groupe contrôle (187 fausses couches sur 964 grossesses).

Ce résultat aurait pu être biaisé par d’éventuels épisodes d’infertilité antérieurs. Les chercheurs ont donc analysé de nouveau leurs données en prenant en compte ce critère et ont constaté, dans le groupe « jamais d’infertilité » et le groupe « épisodes d’infertilité d’au moins un an par le passé », que le taux de fausses couches restait toujours plus élevé chez les femmes atteintes d’endométriose : 19,6% contre 12,3% dans le premier groupe, 52,6% contre 30,2% dans le second.

Le mécanisme biologique demeure mystérieux. Cette même équipe de chercheurs tentera de l’élucider lors de prochains travaux réalisés sur la souris. Elle a également lancé un programme de recherche portant sur près de 1.500 femmes et visant à étudier l’impact de l’endométriose sur différents paramètres de la grossesse, dont les risques de prématurité, qui eux aussi demeurent inconnus.

Notes:

  1. Santulli P, Marcellin L, Menard S, Thubert T, Khoshnood B, Gayet V, et al. Increased rate of spontaneous miscarriages in endometriosis-affected women. Hum Reprod. 1 mai 2016;31(5):1014‑23.