Des éjaculations fréquentes protègeraient du cancer de la prostate

Publié le 21 avril 2016 dans la catégorie Enquêtes

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Source : egora.fr

L’étude qui avait été présentée l’an dernier au congrès de l’Association américaine d’urologie (AUA) révélant que les hommes ayant la fréquence mensuelle d’éjaculations la plus élevée étaient ceux exposés au plus faible risque de cancer de la prostate vient d’être publiée dans la revue European Urology 1.

Sur le plan méthodologique, il s’agit d’une étude prospective de cohorte constituée à partir de 31 925 hommes participant à la Health Professionals Follow-Up Study. La fréquence des éjaculations est renseignée par auto-questionnaire, la population a été suivie de 1992 à 2010.

Le nombre moyen d’éjaculations par mois a été renseigné à différents âges de la vie : de 20 à 29 ans, de 40 à 49 ans et l’année précédant la remise du questionnaire.

Le suivi a représenté 480 831 personne-années ; 3839 cas de cancer de la prostate ont été décelés, dont 384 ont conduit au décès. La fréquence des éjaculations entre 40 et 49 ans était positivement associée à l’indice de masse corporelle, à l’activité physique, au statut de divorcé, à des antécédents d’IST, à la consommation calorique et d’alcool. En revanche, les dosages de PSA et la fréquence des biopsies prostatiques étaient comparables dans l’ensemble des groupes composés selon la fréquence des éjaculations.

En analyse multivariée, le hazard ratio (HR) pour le risque de cancer de la prostate était de 0.81 (IC 95% = 0.72 – 0.92) pour le groupe « plus de 21 éjaculations mensuelles entre 20 et 29 ans » comparé au groupe « 4 à 7 éjaculations mensuelles entre 20 et 29 ans ». La différence était plus notable encore pour ces mêmes fréquences mais dans la tranche d’âge 40-49 ans avec un HR de 0.78 (0.69 – 0.89).

La tentation est donc grande d’associer le risque de cancer de la prostate à la fréquence des éjaculations. Toutefois, les hommes ayant la fréquence la plus élevée ont aussi des comportements les exposant à un risque plus élevé de mortalité prématurée, réduisant de fait leur risque de présenter, voire de décéder d’un cancer de la prostate. Mais par une analyse statistique permettant de neutraliser ces comportements à risque, les auteurs montrent la persistance du lien entre fréquence des éjaculations et risque de cancer de la prostate. Ce lien mérite donc d’être davantage exploré, avec notamment la recherche de substances carcinogènes pouvant s’accumuler dans la prostate, sauf à les éliminer « au fil de l’eau » par des éjaculations fréquentes.

Notes:

  1. Rider JR, Wilson KM, Sinnott JA, Kelly RS, Mucci LA, Giovannucci EL. Ejaculation Frequency and Risk of Prostate Cancer: Updated Results with an Additional Decade of Follow-up. European Urology [Internet]. mars 2016 [cité 17 avr 2016]; Disponible sur: http://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0302283816003778