L’éjaculation féminine serait composée d’urine mais le stress a pu jouer dans les résultats

Publié le 18 juillet 2015 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Source : L’Obs

Selon une étude publiée dans « The Journal of Sexual Medicine 1« , l’éjaculation féminine serait le fruit de l’émission de deux fluides différents : l’un serait issu des glandes de Skene, alors que le second aurait les mêmes propriétés que l’urine.

Jusqu’à présent, le fluide émis par l’éjaculation des femmes était attribuée aux glandes de Skene, que l’on pourrait comparer à la prostate masculine, et dont la taille et le volume varient en fonction des patientes. Situés de chaque côté de l’urètre, ses deux petits orifices sécrètent un liquide, dont le flux varie également chez chaque femme. On nomme ainsi celles chez qui cette sécrétion est importante « les femmes fontaines ».

Certaines patientes cherchent à tout prix à vivre cette expérience, car elles l’associent à l’orgasme, or éjaculation et plaisir ne sont pas forcément liés. D’autres, les femmes fontaines, sont au contraire gênées par cette production de fluide. Pour elles, malheureusement, on ne peut rien faire : on ne dispose aujourd’hui d’aucun traitement. Il faudrait pour cela en connaître l’origine exacte, et cette nouvelle étude tend à prouver que c’est, encore aujourd’hui, très compliqué.

Deux fluides d’origines différentes ?

Les résultats de ces scientifiques sont en effet assez troublants. Ils ont étudié le fluide de sept femmes, dont la vessie avait été vidée avant l’acte sexuel. Or, un scanner a montré que la vessie de ces femmes était à nouveau pleine juste avant l’éjaculation et que le fluide secrété était composé en partie d’urine.

Jusqu’alors, on avait toujours rejeté la possibilité de la présence d’urine dans l’éjaculation féminine. En effet, ce liquide n’a jamais eu l’odeur, ni la couleur, ni l’aspect de l’urine. Néanmoins, il ne serait pas impossible, comme le mentionne l’étude, qu’il existe plusieurs types de fluides, de provenance différente.

L’analyse du liquide a en effet montré qu’il contenait d’une part de la créatine, de l’urée et de l’acide urique, comme les urines, mais on a également trouvé pour certaines femmes du PSA, une substance fabriquée naturellement par la prostate, soit un indice penchant plutôt pour une origine à attribuer aux glandes de Skene.

La présence de deux fluides, avec une petite participation de la zone urinaire, n’est pas improbable. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi, au moment de l’orgasme, certaines femmes ont envie d’uriner. Néanmoins, il faudra attendre un échantillon de femmes plus large pour en savoir davantage.

Des expériences compliquées à mettre en œuvre

Non seulement l’observation de seulement sept femmes est insuffisante, mais on peut en plus s’interroger sur la part de la psychologie dans ces résultats. On sait en effet que certaines femmes ont envie de faire pipi lorsqu’elles sont stressées, et l’on peut facilement imaginer leur état lors de telles conditions… Devoir se masturber devant des médecins a pu largement les angoisser.

Réaliser de telles expériences reste en effet très compliqué, on ne peut pas observer ces patientes sous anesthésie générale, comme on le fait pour analyser les fluides gastriques. Les femmes fontaines sont de plus très rares, et sont donc par conséquent loin d’être une priorité pour la médecine.

Notes:

  1. Salama, S., Boitrelle, F., Gauquelin, A., Malagrida, L., Thiounn, N. and Desvaux, P. (2015), Nature and Origin of “Squirting” in Female Sexuality. Journal of Sexual Medicine, 12: 661–666. doi: 10.1111/jsm.12799