Deux fois plus de risques de dyspareunie après une césarienne

Publié le 22 janvier 2015 dans la catégorie Actualités

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Source : Le quotidien du Médecin

Le mode de délivrance semble avoir un impact important sur le risque de douleurs persistantes, chez la femme, lors des rapports sexuels qui suivent l’accouchement. C’est ce que semble montrer une étude parue aujourd’hui dans « BJOG : An International Journal of Obstetrics & Gynaecology ».

Les auteurs, Eli McDonald de l’institut de recherche pédiatrique Murdoch à Victoria (Australie), et ses collègues, ont également mis en évidence le fait que les violences sexuelles au sein du couple sont également un facteur de risque important de dyspareunie qui se prolonge plus d’un an après l’accouchement.

Les auteurs ont monté une cohorte de 1 244 femmes ayant accouché dans six maternités de Melbourne, en Australie, et leur ont fait remplir un questionnaire trois mois, six mois, un an et 18 mois après l’accouchement. Près de la moitié des accouchements étaient des délivrances normales spontanées. Une épisiotomie a été réalisée dans les deux tiers de ces accouchements par voie basse, des ventouses obstétricales ont été utilisées dans 10,8 % des cas, et des forceps dans 10,7 % des cas.

Par ailleurs, 9,7 % des accouchements étaient des césariennes programmées, et 19,9 % étaient des césariennes non prévues.

Deux fois plus de risques de douleur après une césarienne

La majorité des femmes affirment avoir connu des douleurs lors du premier rapport sexuel après l’accouchement. Le risque de douleur était d’ailleurs d’autant plus grand que ce premier rapport était tardif (98 % chez celles qui ont repris une activité sexuelle au bout de 18 mois).

Si la dyspareunie est un phénomène observé chez une majorité de femmes après l’accouchement, les symptômes ne persistant que chez une minorité d’entre elles. Les auteurs précisent ainsi qu’un tiers de femmes qui déclaraient souffrir de dyspareunie à six mois en souffrait toujours au bout de 18 mois. Ils notent que les femmes qui avaient le plus tendance à souffrir de dyspareunie persistante étaient celles chez qui l’on avait dû recourir à une césarienne, programmée ou non, ou à l’utilisation de forceps ou de ventouses obstétricales. Le risque de douleur prolongée était doublé par rapport à celui des femmes ayant accouché par voie basse naturellement, après ajustement pour les autres facteurs de risque et pour l’âge maternel.

D’autres facteurs à considérer

Les autres facteurs de risques étaient l’existence d’une dyspareunie avant l’accouchement, d’un épuisement maternel ou de rapports sexuels forcés. Une femme de l’étude sur six a connu un rapport sexuel non consenti avec son partenaire au cours de la première année de post-partum et un tiers d’entre elles ont ensuite affirmé souffrir d’une dyspareunie jusqu’à 18 mois après l’accouchement alors que ce n’était le cas que de 20 % de celle qui n’avait pas connu d’abus.

Les auteurs insistent donc sur le fait qu’une dyspareunie persistante peut s’expliquer par des violences sexuelles au sein du couple et que les médecins doivent s’en préoccuper.