Des autotests de dépistage du VIH bientôt disponibles en France

Publié le 8 mai 2015 dans la catégorie Actualités

Dossiers : ,
Publicité

Source : EndoScoop – Le site de l’Endocrinologie

Le Parisien indique en effet que « dès juin, on pourra tester soi-même son éventuelle séropositivité grâce à un kit français ». Le journal relève que « réclamé de longue date par les associations et médecins, promis par la ministre de la Santé en décembre dernier pour cet été, le premier autotest sanguin de dépistage du VIH va cette fois vraiment arriver en pharmacie. Fabriqué et commercialisé par la société française AAZ, il vient d’obtenir son marquage CE, sésame sans lequel sa vente sur le territoire était impossible ».


« De la même façon que l’on peut acheter un test de grossesse, on pourra donc se procurer de quoi tester une goutte de sang et en 15 minutes connaître sa séropositivité. Sans passer préalablement par la case médecin, structure associative ou centre de dépistage, fût-il anonyme et gratuit
», observe Le Parisien. Le quotidien souligne que « l’autotest est salué par tous les spécialistes comme une arme de plus dans la lutte contre la propagation du virus, notamment pour aller chercher l’épidémie cachée – et la traiter au plus vite -, chez ceux qui s’abstiennent de tout test, car ne se sentant pas « à risque ». Il ne s’agit pas d’un diagnostic complet, mais bien d’un dépistage qui détecte les anticorps produits lors de l’infection au VIH, indicateurs d’une réaction du système immunitaire qui a rencontré le virus ». Le journal relève en outre que « l’autotest VIH made in France a une fiabilité proche des 100%. Rien ne sert cependant de se précipiter en pharmacie dès le lendemain d’un rapport à risque. […] Il existe en effet un temps de séroconversion pendant lequel aucun anticorps n’est détectable. AAZ assure la fiabilité maximum de son autotest pour une infection qui date de 3 mois, au minimum ». Le Parisien précise que « l’autotest sera vendu 28 € […] en pharmacie, en libre-service, ou sur le site Internet d’une officine. Les cabinets médicaux n’en auront pas à disposition. […] Les structures associatives, elles, sont en pourparlers pour en obtenir et pouvoir dépister gratuitement les populations pour lesquelles le prix est trop élevé ». Le journal indique enfin que « si le test est positif, on ne le garde évidemment pas pour soi, prostré dans sa salle de bains ou en faisant l’autruche. […] Le dépistage, qui doit d’abord être suivi d’une prise de sang pour confirmer le diagnostic, permet d’être mis sous traitement rapidement : éviter, du coup, la propagation du virus à ses très proches et l’évolution vers la maladie déclarée. Pour ceux qui ne sauraient à quel médecin se vouer, la mise à disposition du test ira de pair avec l’accessibilité de la plate-forme d’écoute et d’orientation gratuite de Sida Info Service, 7 jours sur 7 ».

Le Parisien publie en outre les propos du Pr Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital Tenon (Paris), qui rappelle notamment que « 28.000 séropositifs s’ignorent en France ».

Libération remarque aussi qu’« enfin validé par la norme CE, le kit permettant de contrôler soi-même son statut sérologique sera bientôt en vente libre ». Le journal observe qu’« en la matière, la France a pris du retard. Il est vrai que sur la question du dépistage, la tradition française a toujours été celle d’une forte médicalisation, pour ne pas laisser le patient «seul» avec le poids du résultat. Toute l’histoire du sida a été marquée par ce souci ».

« Mais aujourd’hui, le contexte a changé : les tests sont de plus en plus fiables, les traitements existent et sont efficaces. D’ailleurs, la pratique d’autotest, quelle que soit la pathologie, se diffuse massivement grâce à Internet », poursuit Libération. Le quotidien relève en outre que « le Conseil national du sida estime que ces autotests pourraient permettre de découvrir 4.000 séropositivités et d’éviter 400 nouvelles infections par an en France. Un chiffre important, au regard des 6.000 personnes découvrant annuellement leur séropositivité. Et, surtout, au regard des 30.000 personnes qui, en France, l’ignorent toujours ».