Cancers liés au sexe oral : les hommes plus touchés que les femmes

Publié le 18 février 2016 dans la catégorie Recherche clinique

Dossiers : , , ,
Publicité

Le Parisien fait savoir que « les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes par le cancer de la gorge et de la bouche lié à une infection par un papillomavirus (HPV) qui résulte de la fréquence de rapports sexuels bucco-génitaux, selon une étude américaine présentée vendredi » à la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), à Washington. 1

Le journal note que selon Gypsyamber D’Souza, professeur adjointe d’épidémiologie à l’Université Johns Hopkins à Baltimore, « près de 2 cancers oropharyngés sur 3 sont provoqués aux Etats-Unis et dans la plupart des pays occidentaux par une infection par le HPV 16 et leur fréquence a nettement augmenté ces dernières années ».

Le quotidien précise que « la pratique de la fellation ou du cunnilingus entraîne ces cancers qui touchent beaucoup plus les hommes, surtout blancs d’âge moyen, que les femmes. L’analyse montre que ces pratiques répandues commencent à un plus jeune âge et que la fréquence de nouveaux partenaires est également plus grande ».
Gypsyamber D’Souza a ainsi déclaré : « Notre étude montre que chez les hommes le risque d’une infection par le HPV s’accroît avec le nombre de leurs partenaires avec qui ils ont eu des relations sexuelles buccales ».

Le Parisien note en outre que « les femmes développent des résistances », relevant que chez celles-ci, « le nombre de récents partenaires n’a pas semblé augmenter le risque d’infection. Ainsi à nombre égal de partenaires, les hommes ont beaucoup plus de risques d’être infectés par des HPV. L’étude montre que les femmes qui ont eu plus de partenaires pour des relations vaginales avaient moins de risque d’infection par le HPV transmis par ces pratiques ».
« Cela suggère qu’une première exposition vaginale au HPV confère une plus grande protection en déclenchant une forte réaction immunitaire. […] Il semblerait que chez les hommes la réponse du système immunitaire soit plus faible ce qui les rend plus vulnérables à une infection 
», remarque le quotidien, qui ajoute que « cette infection est assez fréquente et la plupart des personnes l’élimine en 1 ou 2 ans mais les hommes moins que les femmes ».
Le Point évoque également cette nouvelle étude, selon laquelle « les hommes [sont] plus touchés par les cancers liés au sexe oral ». Le magazine retient que « chez les hommes, la réponse du système immunitaire serait plus faible, ce qui les rendrait plus vulnérables à une infection ».

Le Point précise en outre que « le HPV ne déclenche pas directement les mutations responsables de la tumeur mais provoque des changements dans les cellules qu’il infecte dans la gorge ou le col de l’utérus qui deviennent cancéreuses ».
Le magazine rappelle que « les pratiques bucco-génitales augmenteraient le risque de cancer oropharyngé de 22%, selon une étude publiée en janvier dans le Journal of the American Medical Association. Ce type de cancer a augmenté de 225% depuis 20 ans ». 2

Notes:

  1. Saliva Tests for Cancer Move Closer to Clinical Use – Gypsyamber D’Souza – 13 février 2016 – American Association for the Advancement of Science (AAAS)
  2. Agalliu I, Gapstur S, Chen Z, et al. Associations of Oral α-, β-, and γ-Human Papillomavirus Types With Risk of Incident Head and Neck Cancer. JAMA Oncol. Published online January 21, 2016. doi:10.1001/jamaoncol.2015.5504.