Cancer et sexualité : la question encore trop peu abordée par les soignants

Publié le 9 décembre 2014 dans la catégorie Actualités

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Source : Journal International de Médecine

L’Institut national du cancer (INCA) avait réalisé en 2004 une vaste enquête sur la vie deux ans après un diagnostic de cancer (étudeVICAN) qui a connu une seconde édition en 2012 et dont les résultats viennent d’être publiés.

La comparaison entre les conclusions des deux volets permet de mettre en évidence des évolutions positives dans plusieurs domaines. On constate tout d’abord que les relations avec les équipes soignantes paraissent s’améliorer. Ainsi, la proportion de patients estimant avoir été impliquée dans le choix des traitements est passée de 69 % à 74 %. Par ailleurs, les personnes interrogées sont aujourd’hui mois nombreuses à estimer que les informations données par les praticiens étaient trop complexes. Cependant, concernant l’annonce du diagnostic, la part de patients regrettant sa brutalité reste stable, autour de 18 %. On relève en outre en la matière que les femmes sont bien plus nombreuses à conserver un souvenir brutal de ce moment. D’une manière générale, les échanges avec les praticiens ont été jugées un peu moins satisfaisantes par les femmes que par les hommes (47,9 % des femmes sont très satisfaites vs 52,1 % des hommes). De façon plus marquée, les revenus ont une influence nette sur le niveau de satisfaction (qui atteint 28 % de très satisfaits chez les plus pauvres vs 44,7 % chez les plus aisés).

Sexualité : les médecins abordent peu le sujet… surtout avec les femmes !

Parmi les enseignements marquants de cette très vaste enquête, on retiendra que les questions liées à la sexualité et aux projets parentaux après un cancer demeurent encore trop rarement abordées par les équipes soignantes. Alors que 53 % des patients indiquent que leur cancer a eu un impact négatif sur leur libido (ici la différence entre hommes et femmes est inversée puisque 40 % des hommes ressentent d’avantage d’insatisfaction contre 24 % des femmes…), le sujet n’a été abordé en consultation qu’avec 60 % des hommes et 40 % des femmes. Par ailleurs, cette question n’a été évoquée spontanément par les praticiens qu’avec 18 % des hommes … et 4 % des femmes !

Enfin, l’INCA regrette de ne pas constater de progrès en ce qui concerne les actions mises en œuvre en vue de la préservation de la fertilité.