L’Angleterre sous la menace d’une super-gonorrhée

Publié le 28 janvier 2016 dans la catégorie Actualités

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Source : BBC News

Le directeur médical du Royaume Uni a écrit à tous les médecins et les pharmacies pour s’assurer qu’ils prescrivaient les bons médicaments pour lutter contre la « super gonorrhée » qui est apparue en début d’année 2015 près de Leeds. Le risque potentiel est que cette maladie sexuellement transmissible (également appelée blennorragie ou « chaude pisse ») ne devienne impossible à traiter.

Résistante à de très nombreux antibiotiques, une super-gonorrhée est apparue à Leeds en mars 2015. Face à cette menace, les autorités de santé britannique rappellent qu’il est capital de prescrire le bon traitement pour combattre cette infection par un gonocoque et non des médicaments insuffisamment efficaces. Le risque est de voir la bactérie Neisseria gonorrhoeae devenir de plus en plus résistante aux antibiotiques.

Prescrire le bon traitement pour réduire le risque de résistances

Mais au début 2015, une étude des services de santé britanniques révélait que de nombreux médecins continuaient à prescrire de la ciprofloxacine pour ces infections, alors qu’il est plus recommandé depuis 2005. De plus, avec l’émergence de cette souche résistante, il est recommandé d’utiliser en combinaison l’azithromycine (en comprimés) et la ceftriaxone (en injection). Mais une étude conduite par une association de prévention des IST (British Association for Sexual Health and HIV – BASHH) alertait en début d’année que des pharmacies en ligne ne proposaient que le médicament en comprimés. Utiliser un seul des deux médicaments peut là-encore favoriser l’émergence de nouvelles résistances pour la gonorrhée.

Le risque réel est de ne plus disposer d’armes thérapeutiques pour lutter contre cette infection.

Une IST à ne pas négliger

En augmentation en France depuis les années 90, la blennorragie est une infection sexuellement transmissible assez bénigne si elle est traitée efficacement. La bactérie se transmet par les sécrétions génitales lors des rapports sexuels non protégés. Dans certains cas, il peut y avoir une atteinte pharyngée lors de rapports oro-génitaux. On peut donc la prévenir en utilisant des préservatifs.

Si les patients ne se font pas traiter, l’infection peut disséminer dans tout le corps. Elle est plus souvent détectée chez les hommes du fait de symptômes plus évidents. Chez l’homme, la blennorragie est désignée comme la maladie de la « chaude pisse » car le principal symptôme est une sensation de brûlure au moment d’uriner. Chez la femme, l’infection peut rester invisible. On constate parfois une modification des pertes vaginales plus abondantes, malodorantes, de couleur inhabituelle… Ces troubles peuvent parfois être associés à des démangeaisons, des brûlures urinaires ou des douleurs pendant les rapports.

Après un diagnostic via un prélèvement, le traitement se fait par antibiotique et doit être suivi par les deux partenaires en même temps. En France également, on note un accroissement de la résistance aux antibiotiques de ces infections. A savoir : les délais entre la contamination et les premiers symptômes est de l’ordre de 2 jours à 3 semaines, il faut donc prévenir les autres partenaires si vous avez eu des rapports non protégés jusqu’à un mois avant le début des symptômes.

S’il faut éviter les rapports sexuels pendant quelques jours, les troubles ressentis s’améliorent rapidement grâce au traitement et les douleurs ne devraient pas dépasser 48 heures. Cependant, un traitement adapté et administré dès la survenue des symptômes est indispensable. Enfin, rappelez-vous que si la blennorragie n’est pas la plus dangereuse des MST, avoir des rapports non protégés peut engendrer bien d’autres maladies.