3% des femmes auraient une sexualité envahissante

Publié le 29 novembre 2014 dans la catégorie Actualités, Recherche clinique

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Source : Le Figaro

Selon une étude d’universitaire allemands parue dans le Journal of sexual Medicine 1, environ 3% des femmes auraient une sexualité envahissante.

L’hypersexualité s’accompagne de souffrances dans la vie quotidienne.

A partir de quelle quantité d’activité sexuelle faut-il considérer que l’on dépasse les limites de la normalité ? Les préoccupations et « besoins » sexuels deviennent parfois tellement envahissants que, dans une étude nord-américaine ayant porté sur environ 6500 hommes et 8000 femmes (2/3 d’américains et 1/3 de canadiens) en 2006/2007, le Pr Jason Winters et ses collègues de l’Université de Colombie Britannique de Vancouver, ont découvert que 1,6% des hommes et 0,8% des femmes déclaraient avoir déjà recherché un traitement pour leur « compulsion sexuelle ».

Le Pr Rory Reid, à l’origine d’une échelle diagnostic ( Hypersexual Behavior Inventory , HBI) à l’université de Californie, estime que l’hypersexualité ne se définit pas seulement par un manque de contrôle du type: »je m’engage dans des activités sexuelles que je sais devoir regretter ensuite » ou: « mes tentatives de corriger mon comportement sexuel échouent ».

S’y ajoutent en effet deux autres dimensions. D’abord, la propension à se servir de la sexualité lorsque l’on est stressé ou que l’on se sent mal (« je me tourne vers le sexe quand j’éprouve des sentiments déplaisants: frustration, tristesse, colère »). Ensuite, la fait de persister dans ce comportement sexuel en dépit des conséquences négatives et des interférences importantes dans la vie quotidienne. On sacrifie alors des choses importantes de sa vie (conjoint, enfants, amis, travail, etc.) pour passer du temps à penser, planifier, et se livrer à la sexualité. Les hypersexuels le disent: « ma vie sexuelle dirige ma vie ».

Curieusement, l’hypersexualité féminine a été assez peu étudiée. Insuffisance que corrige un peu désormais l’étude du Pr Verena Klein et ses collègues des universités allemandes de Hamburg et de Mainz, le Pr Martin Rettenberger et le Dr Peer Briken. Les trois chercheurs ont proposé aux étudiantes volontaires de 49 universités allemandes de répondre en ligne au questionnaire HBI ainsi qu’à des questions portant sur leur comportement sexuel.

Les résultats, parus dans le Journal of sexual medicine , montrent que l’hypersexualité féminine est moins anecdotique qu’on ne le pensait. Plus de 3% des 998 femmes ayant répondu à l’enquête avaient en effet un score HBI dépassant le seuil correspondant à l’hypersexualité définie par Reid. Outre la souffrance que cela peut engendrer dans la vie des femmes hypersexuelles, les auteurs notent aussi qu’elles sont plus enclines à adopter un comportement sexuel à risque.

Notes:

  1. Verena Klein Dipl.-Psych.1, Martin Rettenberger PhD1,2 and Peer Briken MD1 ; Self-Reported Indicators of Hypersexuality and Its Correlates in a Female Online Sample ; Article first published online: 9 JUN 2014 ; DOI: 10.1111/jsm.12602